Le Pouvoir caché des Non-Dits

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Qu’est-ce qu’un non-dit ? C’est ce qui n’est pas exprimé de façon explicite avec des mots, mais qui devrait ou pourrait l’être. C’est ce qui dans un échange reste implicite ou informulé, que ce soit avec les autres ou d’abord avec soi-même.

Sitôt que nous sommes confrontés à un sujet pénible qui nous met dans l’embarras et/ou auquel nous ne voulons pas penser, notre inconscient s’en empare et le met dans une bulle de sorte que le sujet disparaît de notre conscience, ce qui génère une tension inconsciente. C’est ainsi que peuvent se créer des émotions de plus en plus fortes, des addictions rebelles qui résistent en apparence à tout traitement, des phobies tenaces, des cauchemars à répétition…

Les non-dits existent depuis l’aube de notre humanité « parlante », au niveau de notre conscience humaine et s’immiscent partout. Tout se passe comme si nous étions des magiciens, car ce que nous ne voulons pas voir… nous ne le voyons pas, même si nous prétendons le contraire. C’est pratique !

En fait, nous avançons avec des œillères, chacun dans son univers et sa boîte magique pour répondre et pallier aux souvenirs gênants, aux peurs et aux émotions inquiétantes qui peuvent surgir à tout moment, à moins que ces émotions ne se soient déjà manifestées par un symptôme dans le corps physique, dernière étape d’un mal-être qui n’a pas été entendu ni reconnu pour ce qu’il « voulait dire ».

Plus on se crée de non-dits en mode réflexe ou automatique, moins on se comprend soi-même, car les non-dits incitent, pour les justifier, à élaborer des raisonnements si sophistiqués qu’ils finissent par nous égarer. Problème : ce comportement, souvent peu conscientisé, peut se transmettre de façon surprenante de génération en génération.

Car le truc, c’est que le non-dit ne commence pas par hasard. Il ne vient pas de l’extérieur de soi, mais de l’intérieur. C’est chacun qui le crée pour lui-même parce que le non-dit lui permet d’édulcorer et d’adoucir un malaise, ou une tension souvent générée par un manque de fluidité dans les échanges ou un manque de confiance en soi… Le lieu n’est pas ici de mettre à plat tous les non-dits qui circulent dans nos familles et ceux que nous avons générés malgré nous. De fait, j’ai pu constater au fil de ma pratique combien il est souvent préjudiciable de vivre avec ce type de « mal-qui-ne-se-dit-pas », mais qui finit par sourdre tôt ou tard et peut nous jouer des tours.

Se plonger dans notre histoire personnelle n’est pas forcément faire un travail ardu qui nécessite des années de psychothérapie. C’est à un moment où l’on est confronté à une difficulté de vie, une séparation, un deuil, un souci de santé, une « mal-a-dit », accepter de « déposer ce qu’il nous arrive » chez un psychologue clinicien permet de questionner les tensions, les blocages, les nœuds en lien très souvent avec des non-dits puissants, qui nous empêchent d’avancer, de nous déployer et de nous épanouir !

Détecter et explorer les non-dits de ses patients fait partie de la « mission » du psychologue clinicien car les non-dits constituent un domaine mystérieux, mais potentiellement libérateur pour nous-même et pour les autres !

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